Vers une médecine 2.0 …. sans médecins ?

Les algorithmes vont-ils prendre le pouvoir dans le domaine de la santé ?

Medicine doctor hand working with modern computer interface as medical concept

L’avenir de la médecine est-il en train de s’écrire sans les médecins ? Que préparent les géants du web associés aux labos ? Quelle va être la réponse des Etats et des organismes professionnels ?

Projetons-nous quelques années dans le futur : désormais le dossier médical de chaque patient est non seulement informatisé mais il est aussi et surtout partagé. Les patients déjà bien au fait de leur santé sont devenus surinformés et exigent que leur médecin fasse appel au support des algorithmes afin d’améliorer et d’affiner le diagnostic les concernant. Pis encore pour les médecins, il réclament aussi de prendre part à la décision médicale.

Pourquoi les algorithmes s’imposent-ils dans la médecine 2.0 ?

Prenons l’exemple du cancer : pas un cancérologue n’est capable de traiter les 20 000 milliards d’informations contenues dans l’analyse génétique d’une tumeur. Car ce sont comme des arbres de décision avec des millions de branches qui demanderaient des mois d’analyses et de recoupements. Un algorithme par contre, lui est capable de traiter dans des délais satisfaisants ces millions de données.

C’est le cauchemar des médecins qui se verraient transformés en quelque sorte en assistante sociale tout juste bonne à entériner les diagnostics effectués par un algorithme ?

Face à la médecine 2.0, les médecins perdent pied

Jadis tous puissants face à leurs patients, comment les médecins ont pu perdre aussi vite leur aura ?

  • Tout d’abord un chiffre : les médecins en France ont 54 ans en moyenne, un âge qui n’incite pas à la remise en cause
  • Quand un patient évoque une recherche sur le web, le médecin la plupart du temps esquisse une petite moue narquoise voire dédaigneuse, alors que le malade effectue à juste titre une recherche qui lui donne souvent une petite idée de ce dont il souffre
  • Les cabinets sont sous équipés. Ils ne prennent déjà pas la carte bancaire, pas la peine de perdre du temps à demander qu’on vous parle médecine 2.0
  • La profession est arc boutée sur le passé et refuse de voir ce qui est en train d’arriver.
  • Les praticiens poussent de grands cris quand un patient ose les noter sur le web …
  • La télémédecine est encore regardée de haut alors qu’il s’agit d’une vraie réponse notamment en milieu rural

En fait, les médecins ne semblent pas avoir compris qu’ils n’ont plus le choix. IQu’ils ne vont pas interdire à un patient de consulter le web, à Google de faire des recherches sur la vie immortelle et aux algorithmes de prospérer sur leurs terres.

L’absence de stratégie sur la médecine 2.0 de la part des pouvoirs publics

Mais la principale source d’aveuglement face à cette évolution vient des instances médicales et des pouvoirs publics. Ces derniers portent une lourde responsabilité dans la mesure où aucune réflexion sur l’avenir et l’éthique de la profession médicale n’a été sérieusement abordée contrairement à des pays comme les Etats Unis. En effet, qui va contrôler et réguler les algorithmes ? Quel sera le rôle des médecins face à ces évolutions ? Et si ces algorithmes appartiennent à un des Gafa, quelle sera la marge de manœuvre des pouvoirs publics ?

De même la formation en facultés de médecine n’a pas évolué d’un iota quant à l’apport que va représenter l’arrivée des algorithmes dans les diagnostics.

Bref les seuls médecins qui s’en sortiront par le haut et continueront à exercer un métier passionnant, seront ceux qui concevront les algorithmes et intégreront cette médecine 2.0 dans leur vie professionnelle quotidienne.

Les médecins rejettent la médecine 2.0

En fait, le médecin a tendance à rejeter ces évolutions car il est persuadé qu’elles vont minorer son rôle tont en accentuant sa remise en question. C’est pourquoi, il n’est pas prêt à accepter une revendication de plus en plus forte de la part de ses patients qui réclament à juste titre de pouvoir participer eux-mêmes à la décision médicale. Une évolution qui est pourtant dans le droit fil de l’évolution des comportements aidée en cela par la transformation digitale.