Transformation digitale: dégats collatéraux sur le livre et la musique

Comment les nouveaux modèles peuvent détruire de la valeur

Globalement la transformation digitale est porteuse de progrès car elle permet aux entreprises de réinventer de nouveaux process numériques afin de mieux satisfaire son client. Mais quand la transformation digitale détruit de la valeur sociale sans véritablement apporter de bénéfices consommateur, attention danger !

2 cas défraient la chronique en ce moment dans les secteurs de la musique et du livre. A chaque fois, le même scénario se répète. Un nouvel acteur, totalement étranger au business investi, s’impose dans ce marché en redéfinissant les règles uniquement à son propre profit. La recette est simple : 50 % de digital + 50 % de marketing pour un parasitisme total du secteur investi. Les commissions prises par ces nouveaux entrants sont en effet sans commune mesure avec les règles habituelles.

Résultat, en quelques années un marché peut être totalement transformé pour le meilleur et le pire.

Aujourd’hui intéressons-nous au pire :

Le secteur du livre : attaque frontale d’Amazon

Amazon vient d’ouvrir les hostilités avec Hachette qui est un des principaux éditeurs de livres aux USA. Sur le modèle de Netflix, le site de vente en ligne vient de lancer son tout premier service d’abonnement illimité aux Etats-Unis. L’abonnement coûte 9,99 dollars par mois. Un nouveau service qui donne accès à près 600 000 livres numériques et audio sur la liseuse Kindle.

Pour le marché de l’édition, cette nouvelle offre a tout d’une arme de destruction massive car le peu de librairies qui arrivaient encore à survivre vont pouvoir définitivement fermer la porte. En effet, comment lutter contre un tel tsunami ?

Le secteur de la musique : un champ de ruines ?

Les Itunes, Spotify et autres plateformes ont non seulement vampirisé le secteur en l’asséchant mais elles l’ont de surcroit tiré vers le bas en lui niant toute spécificité culturelle. Le réseau des disquaires a totalement disparu, les marges des créateurs ont fondu et pour certains disparu, la visibilité des « stars » s’est encore accrue laissant aux « autres » la part infime …

A qui profite cette destruction de valeur ?

Certainement pas au public car il a perdu dans ce nouveau deal un élément fondamental : sa liberté !

De plus la question reste posée : qu’apportent sur le fond ces nouveaux entrants ? Que fait Amazon pour la lecture, ou encore Apple pour la musique, si ce n’est détruire de la valeur à leur unique profit.

De nouvelles formes de résistance ?

La bonne nouvelle vient d’outre-manche où la résistance a pris la forme d’un revival toujours plus fort années après années du marché du vinyle. Eh oui le vieux 33 tours que l’on croyait définitivement mort et enterré s’offre une seconde jeunesse en réponse aux modèles imposés par la transformation digitale.

En Grande Bretagne, près de 800.000 vinyles ont été vendus en 9 mois sur 2014 pour atteindre très certainement le million d’exemplaires écoulés cette année si cette tendance se confirme. Ce serait ainsi le meilleur chiffre de vente depuis 1996 où plus d’un million de disques avaient été vendus.


Les raisons de ce succès ? Elles sont simples.

Dans un monde de plus en plus numérisé, les amateurs de musique recherchent un produit vrai et plus humanisé avec des dessins originaux, une haute qualité audio et un éco système foisonnant !

Le livre avec des initiatives similaires en Allemagne et en France semble également se rebiffer.

Affaires à suivre !

A lire également l’excellente contribution du libraire Dominique Mazuet

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/781925-le-livre-electronique-une-imposture-qui-nous-menace-libraires-independants.html

Et l’article très documenté des Echos :

http://www.lesechos.fr/26/03/2012/LesEchos/21152-068-ECH_l-economie-du-livre-face-a-la-menace-amazon.htm 

Illustration de Pinel dans l'article des Echos

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