Start up et grands groupes : mariage d’amour ou de raison ?

Ou comment certaines entreprises tente au plus vite de se transformer digitalement

Les grands groupes multiplient les acquisitions numériques

Et si pour se transformer plus rapidement, les grands groupes français se lançaient dans les acquisitions digitales ? Une voie rapide certes, mais qui n’est pas sans risques.

Ca y est ! Ayant enfin pris conscience que la transformation digitale n’allait pas se limiter aux taxis et à l’hôtellerie et qu’aucune activité n’était à l’abri, les grands groupes français sentent la menace venir chatouiller leurs plate bandes industrielles ou de services.

 

Les grands groupes français prennent timidement conscience de la transformation en cours

Mais comme toujours en France, la réponse est pour le moins timide : en effet, seules quelques grandes entreprises françaises ont réellement pris la mesure des changements à venir et des impacts que cela allait engendrer sur leurs business modèles et ont réfléchi à de véritables stratégies digitales débouchant à terme sur une transformation numérique de leurs activités. Pour atteindre ces objectifs ils ont mobilisé à la fois des budgets importants et ainsi que des moyens humains conséquents. On pense aux plans de stratégie digitale d’Accor, d’Axa, de BNP Paribas ou encore de la Poste.

Start up et grands groupes : l’exemple du secteur automobile

Le secteur de l’automobile est révélateur des grandes manœuvres en cours : une étude d’Exane a ainsi montré que les constructeurs automobiles risquaient de se voir dépouiller des 50 milliards de dollars de revenus que représente le marché de l’automobile connectée. Conséquences : les industriels de l’automobile ont multiplié les acquisitions numériques en 2014 qui ont atteint 8,9 milliards de dollars dans le monde pour un total de 256 transactions. Michelin quant à lui s’est offert un gestionnaire de flottes on line, Vinci un acteur du cloud et le groupe SFPI l’éditeur de contenus multimédia Emme.

 

Le rachat de start up, le moyen le plus court pour faire digital

Malheureusement la majeure partie des grands groupes français ayant un train de retard sur la réalité, sont tentés pour aller plus vite, de se lancer plus simplement dans les acquisitions numériques. L’idée est simple : en rachetant une Start up potentiellement dangereuse pour mon entreprise, j’intègre un modèle innovant sans avoir à supporter en interne la R&D. Autre avantage : je génère immédiatement de la croissance externe et de plus si je suis côté en bourse, ce ne sera que mieux pour mon image.

Mais c’est un calcul à très court terme car au contraire des USA où ce modèle est compris et intégré, le schéma français de l’entreprise, va générer forcement beaucoup de divorces entres les promises que sont les start up et les grands groupes. En France, un grand groupe va ainsi forcément jouer la carte de l’absorption en pensant ainsi socialiser plus rapidement sa structure interne. Par contre aux USA, la mode serait plutôt de faire chambre à part : une fois rachetée, la start up conserve une forte autonomie en conservant bureaux, marques et structure. Ce qui permet ainsi de ne pas tuer l’innovation.

Start up et grands groupes, un échec prévisible

En France, ces mariages de raison sont souvent voués à l’échec car le fossé culturel entre les 2 structures est souvent très important : et aucune des parties ne souhaitant faire d’efforts pour se rapprocher, l’incommunicabilité devient patente.

Ce fossé culturel est tellement important que certains groupes français en sont même réduits à envoyer leurs cadres en stage immersif dans des start up ou des structures similaires pour les plonger dans un univers qu’ils ne connaissent pas.

Alors, mariage d’amour ou de raison ? Rendez-vous dans 3 mois, période qui est généralement le moment le plus difficile pour un couple.