Pas facile d’être une start up en Afrique

Retour sur une grande panne

startuStart up Afrique

Face au phénomène mondial des start up et bénéficiant une croissance économique sans précédent, l’Afrique subsaharienne francophone reste étonnamment en marge de la révolution digitale planétaire. Quelles sont les raisons de cette situation paradoxale ?

Tout d’abord un peu de géographie. L’Afrique subsaharienne francophone rassemble tous les pays comprenant une part significative de leur population parlant le français et se trouvant au sud du Sahel. Cette zone qui s’étend à l’ouest de l’Afrique essentiellement, rassemble près de 30 pays et environ 150 millions de locuteurs français. C’est donc un ensemble significatif qui comprend des pays importants comme la Côte d’Ivoire, les 2 Congo, le Gabon, le Cameroun, le Sénégal et bien d’autres.

Les start up en Afrique francophone :

Pourtant, malgré cette forte communauté à la fois linguistique, commerciale et culturelle, le phénomène des start up en Afrique francophone n’arrive pas à prendre. Les créations de jeunes pousses à l’échelle de l’ensemble de ces pays ne dépassent pas quelques dizaines de projets relativement matures et professionnels.

Difficile d’ailleurs de citer spontanément 3 start up ! Les rares qui viennent à l’esprit sont souvent des projets venus d’Europe.

Un logiciel défaillant :

La raison de ce phénomène est tout d’abord culturelle : sous influence française, cette zone souffre des maux conjugués du faible intérêt pour le business et la création d’entreprises mais aussi d’une certaine indifférence pour l’intérêt du digital comme facteur de développement.

Il suffit d’analyser la réalité des écosystèmes digitaux de ces pays pour comprendre que rien n’est fait pour favoriser l’éclosion des start up :

  • Pas de politique gouvernementale incitatrice : en effet, les hommes politiques de ces pays sont absolument réfractaires aux nouvelles tendances de l’économie. Au contraire, c’est un tissu économique fortement traditionnel qui prédomine et qui en général s’appuie sur des secteurs classiques : agriculture, énergie, télécommunications, banques …
  • Pas de structure incubatrice : le créateur est absolument seul et ne peut bénéficier d’aucun accompagnement ou conseil
  • Pas d’accès au financement facilitant l’amorçage : même le crédit traditionnel bancaire ne fonctionne pas. La seule solution pour le créateur étant soit de disposer de fonds personnels ou de faire appel à son entourage

De fait le nombre de structures qui émergent est tout à fait symbolique et est souvent soutenu par des investisseurs internationaux qui viennent en Afrique pour dupliquer leur modèle.

Et pourtant en Afrique de l’Est :

Cette situation est d’autant plus désolante qu’elle est spécifique à l’Afrique subsaharienne. En effet, à l’est de l’Afrique, la zone anglophone se développe au contraire de façon très dynamique avec la création de milliers de strat up et des réussites éclatantes que l’on pourrait qualifier de licornes africaines. Fonds d’investissement, digital cities, incubateurs, … les écosystèmes dans ces pays se développent déjà depuis plus de 5 ans à un rythme effréné. En témoignent le Kenya, qui s’est bâti une renommée internationale sur le digital et a entrainé dans son sillage les pays de sa région.

Alors pourquoi une telle différence ces 2 zones ? Il semblerait qu’une différence fondamentale de mentalité et de sensibilité au busines anglo saxon ait créé d’un côté des conditions d’éclosion qui ne sont jamais apparues de l’autre côté. Il suffit de regarder également les taux d’accessibilité au web pour comprendre une autre partie du problème. Dans la partie francophone, la réalité numérique est bien en deçà du monde anglophone.

Autre frein de taille : faute de mode d’emploi et d’accompagnement, il faut constater également le manque d’implication à la préparation d’un projet. Trop rapidement conçus, les projets ne sont pas préparés avec le sérieux qui leur permettrait d’arriver sans encombre à maturité. D’où un taux de mortalité des start up également bien plus important.

Bien sur la situation peut s’inverser mais quand on voit le retard pris, on peut se demander si ce n’est pas irréversible !

1 comment

  1. Giscard

    Je suis tout à fait d’accord avec vous en particulier concernant la Question du manque de préparation ; on sous-estime très souvent les efforts à investir dans ce sens chez nous les francophones.

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