objets connectés

L’histoire de l’économie fourmille de bonnes idées comme celle des objets connectés qui font le buzz au quotidien en ce moment. Mais prenons un peu de recul et demandons-nous en quoi cette tendance peut se pérenniser et devenir un phénomène durable ?

L’hétérogénéité pour modèle :

On nous annonce une avalanche continue de nouveaux modèles. Des centaines puis des milliers par an. Chacun y allant de son application dédiée, forcément non interopérable et sans base de protocole commun. Timidement toutefois, une base de software (EPC + Linux ?) semble pouvoir s’imposer. Par contre, force est de constater que côté UX c’est vraiment la foire. En effet, si on extrapole les prévisions de marché, ce sont bientôt des dizaines d’objets connectés que chaque individu va devoir apprendre à maîtriser puis à gérer. Or on sait bien qu’au-delà d’une certaine limite, l’esprit humain va avoir tendance à se lasser, de réinvestir sans cesse dans l’apprentissage de nouvelles applications.

Une autonomie aléatoire

La faible autonomie des objets connectés implique de devoir les recharger souvent : voire au quotidien comme la montre d’Apple … ce qui devient très pour un objet somme toute assez gadget, assez insupportable.

Beaucoup de marketing :

En fait tous les objets semblent passer à la moulinette des marketeurs. Ah quand la brosse des toilettes ou la gamelle du chat connectées J? Chacun y va donc de sa petite trouvaille qu’il arbore fièrement sur les réseaux sociaux à la recherche d’un financier béat d’admiration. Et pourtant dans la plupart des cas l’effet waouh n’est pas au rendez-vous : les « innovations » se succèdent mais seulement en apportant d’infimes variations aux projets de leurs concurrents. Des montres, des balances, …en pagaille … et des bagues maintenant …. Tout se ressemble.

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En fait l’usage devrait dépasser l’objet connecté

C’est l’innovation dans un usage qui fait du sens et non un simple objet que l’on triture pour en faire un objet connecté.

La French Tech atteinte d’objetconnectémania

En témoigne le foisonnement qui a saisi la French Tech ! Notre pays est l’un des plus productifs dans le domaine. Le dernier contingent de la French Tech qui s’est rendu au CES de Las Vegas était d’ailleurs composé en bonne partie de start up présentant leur dernière trouvaille en ce domaine. Les politiques français qui les accompagnaient tombaient d’ailleurs en pamoison devant une telle inventivité.

Mais les français eux ne semblent pas dupes

Ils sont 63 % dans le sondage des Numériques à ne pas trouver d’utilité aux objets connectés pendant qu’un noyau dur de 7% d’absolus réfractaires au concept semble prendre forme.

 

La crainte d’une obsolescence tellement rapide

Les cascades de nouveautés et des petits cycles d’innovation n’incitent pas non plus les consommateurs à sauter le pas. En effet, un objet aussitôt acheté risque quelques semaines plus tard d’être remplacé par un nouveau plus performant.

La demande n’est pas encore au rendez-vous

En termes de vente on parle d’un marché de 150 millions d’euros en France soit 1% du marché de la hi tech. Ce qui à ce stade reste une niche. Certes les prévisions font état en 2016 d’un marché dépassant les 500 millions : mais la réalité sera-t-elle au rendez-vous ?

La France habituée à mettre ses œufs dans un même panier

On peut en effet se poser la question de ce que pèse réellement cette industrie naissante des objets connectés face aux mastodontes de la hi tech que sont devenus les Gafa par exemple. Avons-nous une chance en France de reproduire un jour un tel succès ? Malheureusement non car le marché des objets connectés semblent être un feu de paille mu par un phénomène de mode qui va s’éteindre aussi vite qu’il est apparu.

Alors la fin est-elle proche pour les objets connectés ?

Non pas vraiment : car les objets connectés vivants au sein d’un véritable écosystème pérenne comme Google et sa gamme domotique Nest par exemple, ont certainement un fantastique avenir.

Certaines start up comme Sen.se avec son produit phare Mother ont bien compris le danger qu’il y avait à trop se focaliser sur l’objet lui-même et explorent d’autres modèles comme la création de systèmes globaux et de capteurs polyvalents. Ou encore la possibilité d’ouvrir ces systèmes via des API et ainsi pour des développeurs tiers de pouvoir créer des SenseApps. Bref la création d’un service qui pourra les gouverner tous est très certainement l’idée qui permettra de sortir par le haut.

Et pour conclure sur cette note optimiste, rendez-vous sur Sen.se : https://sen.se/store/mother/