MaaS, Mobility As A Service

Grace à la révolution data + IA, le transport dans les grandes villes se plait à espérer un renouveau des usages côté usager et une plus grande synergie entre les acteurs. Alors rêve ou réalité ?

Tout d’abord en quoi consiste le concept du MaaS (Mobility As A Service) ? Il s’agit de réunir l’ensemble des moyens de transport d’une ville dans une seule appli qui va indiquer à tout moment le transport ou la combinaison de transport la plus adaptée pour se déplacer d’un point à un autre. Cette offre associe en effet toute la palette des modes de transport disponibles dans une ville : que ce soit les transport en commun, les taxis et VTC mais aussi les vélos ou scooter en libre-service, voire les voitures de location.

Objectif affiché du MaaS ? Réduire drastiquement la possession de véhicules personnel.

Cette initiative répond à un réel problème car malgré une offre souvent surabondante dans les grandes villes, les citadins et en particulier les familles répugnent encore à changer leurs habitudes en termes de déplacement ou tout simplement à cesser d’acheter des voitures pour ensuite les abandonner dans un garage 90% de leur temps. Cette offre s’adresse aussi à la grande majorité des banlieusards qui s’obstinent à rouler seuls dans leur véhicule pour se rendre au travail et qui restent insensibles aux modes de déplacement plus soft alors qu’ils y gagneraient en qualité de vie, de confort mais aussi certainement sur le plan financier.

Le MaaS vers une tarification à la consommation

Certes le MaaS ne fonctionnera pas comme un pass Navigo permettant d’emprunter de façon transparente et forfaitaire différents moyens de transport. Des limitations d’usage ou des frais additionnels seront appliqués sur les types de transports plus coûteux, comme les taxis, les VTC ou les voitures de location. De fait, les transports publics et les services partagés soft représenteraient la base de l’offre à laquelle s’agrégeraient les autres services du taxi à l’auto partage.

Le MaaS a un problème de modèle économique difficile à résoudre

Excellente idée sur le papier, le MaaS va avoir des difficultés à se mettre en place car il n’y a pas de réelle convergence entre les différents acteurs, une situation essentiellement due à la faiblesse de la rentabilité du secteur des transports qui dans la majorité des cas n’excède pas 2%. Et on voit mal comment les uns et les autres dans ce cas abandonneraient une partie de leur rentabilité déjà faible dans un système qu’ils ne maitriseraient pas ?

Par ailleurs, le mode de consommation à la carte va induire des disparités telles que les factures des clients pourront aller de quelques euros mensuels à plusieurs centaines. Pas sûr qu’une telle amplitude en facilite l’accès.

Il faudra ensuite que les opérateurs de ces plateformes MaaS soit indépendants de tous les acteurs du transport pour disposer d’une parfaite légitimité.

IA et data, un autre défi de taille pour les MaaS

Compte tenu de l’hétérogénéité des horaires, des tarifs, des modes de réservation et des paramètres inhérents au transport, la mise en œuvre d’une offre unique, risque d’être particulièrement délicate dans certaines villes. Par contre, l’exploitation des datas, une fois la plateforme en service, constituera une source d’amélioration constante du service.

Le succès du MaaS reposera sur l’intelligence des acteurs

Comme souvent, les premières mises en œuvre d’expériences de MaaS l’ont été en particulier en Scandinavie, en particulier à Helsinki et Stockholm suivies par Göteborg, Birmingham, Hanovre ou encore Vienne.

Mais la généralisation du MaaS impliquera à la fois que les usagers adoptent un comportement plus altruiste et que la valeur ajoutée du MaaS soit plus flagrante pour les différents acteurs des transports.

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