Le manufacturing 4.0 ou la 4e révolution industrielle ?

Apres les délocalisations, la réindustrialisation s'amorce !

Robot industriel

Après la mécanisation, l’industrialisation et l’automatisation, le manufacturing 4.0 est un concept qui doit rendre les usines les usines plus intelligentes mais sous un format plus réduit tout en privilégiant le recours aux nouvelles technologies digitales.

Hormis se délocaliser, les usines n’ont plus vraiment évolué

Le grand élan des années 70 a connu un frein brutal depuis la crise de 2008 qui a été renforcée par la crise plus récente que connait la Chine. En effet, le sacro-saint dogme d’une production de masse au meilleur prix est à bout de souffle.

Différents phénomènes illustrent cette tendance de fond :

  • Il est désormais possible de produire des biens personnalisés grâce à la robotisation
  • les couts salariaux ont de fait moins d’impact
  • une production au plus près des lieux de consommation permet la réduction des couts de transports. Une réduction qui s’inscrit de surcroit dans une logique d’empreinte économique enfin appliquée à un système de délocalisation souvent irrationnel,
  • la logique des stocks « à la chinoise » perd totalement son intérêt
  • la production 3D encore balbutiante va progressivement prendre une part majeure dans les appareils de production à venir

Bref c’est à une remise en cause globale de la productivité des biens à laquelle nous assistons.

Le concept de manufacturing 4.0 est né en Allemagne

Forte d’une industrie qu’elle a su dynamiser et protéger, l’Allemagne s’est très vite intéressée au concept de l’industrie du futur à travers ses Fablab et son programme Industrie 4.0.

A relire un précédent post sur etransformation.fr : http://www.etransformation.fr/reflexions/industrie-4-0-lallemagne-en-vedette-au-cebit-2015/

A travers ce programme ambitieux l’Allemagne a pour objectif de conserver son leadership industriel en intégrant dans son appareil de production les innovations majeures issues du digital et en particulier la robotique, l’IOT et le big data.

Le manufacturing 4.0 va générer déjà un accroissement de la productivité

Le manufacturing 4.0 grâce à l’internet industriel, permet en moyenne d’augmenter la productivité de 15 à 30 % en moins d’un an avec un ROI de 1 à 1,5 par an.

Ces résultats sont obtenus grâce à différentes technologies qui trouvent aujourd’hui leur application en milieu industriel :

  • Un accès permanent aux données de production qui permet notamment de faire de la production prédictive
  • Un renforcement du contrôle des paramètres de la production qui permet d’intervenir avant la survenance de la panne
  • Une introduction de la réalité augmentée qui permet de nouvelles interactions avec la production
  • De nouveaux modes de traçabilité pour repérer les éventuelles anomalies de production

Avec le manufacturing 4.0, les usines quittent d’ores et déjà les pays émergents pour revenir sous un format réduit

C’est l’étonnant retour de balancier qui est en train de se produire car nous assistons au commencement d’une nouvelle ère industrielle qui va voir le retour ou plus précisément la renaissance sous d’autres formes de petites unités industrielles fortement digitalisées.

Contrairement aux délocalisations dont les contraintes (sociales en particulier) étaient particulièrement lourdes, le retour au bercail se fera très certainement avec plus de souplesse et de rapidité.

Autre conséquence du manufacturing 4.0, la personnalisation de masse

Le grand atout du manufacturing 4.0, c’est la production à façon à proximité des lieux de consommation. Grâce à la robotisation liée à l’anticipation des besoins, le manufacturing 2.0 permet également de produire des pièces uniques avec des cadences optimisées. Cette nouvelle agilité de la production va de plus de pair avec une accélération constante de la mise à disposition des biens, une tendance illustrée en particulier par Amazon. Les temps de changement de lignes de production sont également fortement réduits.

L’autre atout du manufacturing 4.0 c’est son impact économique : il sera en effet moins couteux de produire localement des produits personnalisés que de continuer à commander à l’autre bout du monde des productions de masse.

Et le manufacturing 4.0 en France ?

Devenu récemment un enjeu de campagne électorale, on peut que constater le retard pris sur le sujet du manufacturing 4.0. La réflexion stratégique sur le pourquoi et le comment n’a même pas vraiment été engagée. De surcroit, ce n’est pas un tissu industriel en déliquescence et une absence de ponts entre la recherche et l’industrie qui va permettre d’accélérer la prise de conscience.

Globalement, la réflexion des responsables politiques se focalise sur un retour des industries mais sans véritablement se poser la question de ce qu’il faut changer en profondeur pour que cette réindustrialisation nouvelle norme ait vraiment lieu :

  • Absence de réflexion sur les filières d’excellence à privilégier
  • Focalisation trop importante sur la production d’IOT qui sont plus des gadgets dont la durée de vie est très courte
  • Inadaptation de l’appareil de production qui se révèle incapable d’accueillir les usines du futur
  • Trop rareté des initiatives sur le terrain

C’est d’autant plus dommageable que la France malgré un contexte économique un peu plus favorable, continue à perdre de son dynamisme industriel, un déclin confirmé par les suppressions d’emplois dans le secteur ces dernières années et une augmentation colossale des importations.

 

1 comment

  1. François PELLERIN

    Et pourtant : lancé en septembre 2013 puis reformaté en avril 2015, le plan Industrie du Futur accompagne aujourd’hui 3400 PME vers l’usine numérique http://sco.lt/8SKEBF
    Il travaille aussi sur l’offre technologique, la normalisation, la coopération internationale sur le sujet.
    Tout sur ce qui bouge sur ce thème en France et à l’étranger ici http://www.scoop.it/t/usine-du-futur-by-francois-pellerin

Les commentaires ne sont pas permis.