France Digitale prend ses rêves pour des réalités !

Retour sur la tribune publiée dans Les Echos

france digitale

Étonnante tribune que vient de publier France Digitale dans les Echos. Franchement on aurait pu s’attendre à plus de hauteur et d’inventivité de la part des hérauts français (?) de la transformation digitale !

En fait, cet article est un océan de platitudes, d’approximations et qui emprunte la même langue de bois que les politiques auxquels il est censé s’adresser.

Tout d’abord, l’article commence par un curieux cocorico qui glorifie le fait que la France voit pousser des licornes sur son sol comme des champignons ; et de ne citer que 2 entreprises dans ce cas (Criteo et Blablacar) ! 2 champignons c’est un bien piètre résultat pour un pays comme la France !

Cette contre vérité sert malheureusement de fondement à la démonstration qui suit. En fait selon France Digitale, cette croissance (qui n’en est pas une) pourrait être encore plus rapide si la France devenait un acteur majeur de la révolution digitale …

Or France Digitale reconnait que la situation du digital en France est catastrophique

Et là d’un seul coup, France Digitale au lieu de sortir des arguments positifs en faveur de la grandeur supposée de la France numérique, nous fait retomber dans un éclair de lucidité dans la dure mais vraie réalité :

  • La France est en 14e position en Europe selon l’indice de digitalisation des états
  • Sur 132 licornes, aucune n’est française (tiens … Criteo et Blablacar ont disparu)
  • Paris est 11e sur le classement des villes favorables au start up

Face à ce tableau apocalyptique mais finalement correspondant bien à la place réelle qu’occupe la France dans le domaine du numérique, les auteurs de l’article se lancent dans une liste de banalités confondantes sur l’emploi, les jeunes, le modèle social … des thèmes que ne renieraient pas un conseiller général d’un canton rural du fin fond de la France …

France Digitale somme les politiques d’intégrer le digital dans leurs programmes

Puis vient la grande envolée lyrique ! France Digitale interpelle solennellement les politiques qui aspirent aux plus hautes fonctions, de se saisir de l’urgence numérique. Rien moins que cela ! S’ensuit à nouveau une longue liste de banalités, surtout de la part d’une institution censée représenter la fine fleur du numérique français.

Mais les politiques ne s’intéressent nullement au digital

Et c’est certainement sur ce point que France Digitale se trompe lourdement avec cet appel. Car il n’y a définitivement rien à attendre des pouvoirs publics. La classe politique française hormis de très très rares exceptions (DSK, Fillon, Macron …) est absolument imperméable à la transformation digitale. Attendre de nos responsables politiques qu’ils intègrent cela dans leur programme 2017, c’est décidément rêver tout haut et passer pour de grands naïfs.

Et la France n’est pas transformable de l’intérieur

Car la France est intransformable de l’intérieur (le contraire se saurait : après 30 ans d’échecs répétés). C’est ce que devrait comprendre France Digitale. La chance serait que d’autres Uber et consors viennent par vagues emporter les pré carrés français les uns après les autres :

– des syndicats qui bloquent le système et ne représentent plus rien,

– un modèle salarial sclérosé qui subit chaque jour des coups de plus en plus rudes de la part des nouvelles formes de travail indépendant,

– des grands groupes français sclérosés et drivés par des énarques frileux,

– un système de financement (BPI) qui a ramené dans la sphère publique des financements qui auraient dû être gérés par le privé …

 

Bref, le numérique ne deviendra pas un enjeu majeur de la prochaine présidentielle de 2017.

Arrêtons de rêver.

C’est comme cela et travaillons à changer les choses autrement !