Uber, une lente descente aux abîmes

Symbole de la fin du concept de l’ubérisation ?

Uber

Je n’aimerai pas être à la tête d’Uber en ce moment car tous les jours apportent leur lot de mauvaises nouvelles. A tel point que l’on se demande comment le groupe tient encore malgré le fait qu’il soit cerné de toutes parts …

Peu de sociétés au monde cumulent en effet autant de problèmes à la fois :

  • Procès avec Alphabet qui parait très mal engagé pour vol de propriété intellectuelle qui fait perdre un temps fou à Uber dans ses projets de développement de la voiture autonome
  • Démission (forcée ?) de son PDG fondateur qui revient par la fenêtre en imposant ses « amis » au conseil d’administration
  • Agressivité accrue de Lyft sur le marché américain avec le coup de pouce financier que le réseau à la moustache vient de recevoir d’Alphabet (il y aurait de la vengeance dans l’air ?). Ça tombe d’autant plus mal pour Uber que le marché américain était un des plus rentables et sa chasse gardée pour le moment
  • Didi qui se met à sortir de Chine (d’où il avait viré Uber d’ailleurs) avec des ouvertures dans des grandes villes tenues par Uber jusqu’à maintenant comme Paris. C’est sous la marque Taxify que Didi a opéré son offensive.
  • Interdiction croissante du réseau dans des grandes villes : la plus récente et la plus marquante étant Londres il y a quelques semaines
  • Une interface technique qui s’est banalisée face à des concurrents plus petits mais plus réactifs. A tel point que l’on se demande à quoi sert l’armée d’ingénieurs maison ?
  • Des marchés émergeants qui n’en finissent plus d’émerger et surtout qui ne rapporte rien comme en Afrique par exemple où le modèle Uber n’est pas du tout adapté aux contraintes locales
  • Une valorisation revue à la baisse de 12 à 15% par les principaux investisseurs

Une belle liste qui ne saurait être complète sans l’étonnante capacité d’Uber à continuer à bruler du cash … certes un peu moins en 2017 car les réserves s’épuisent mais la société a quand même encore perdu au premier trimestre 2017 la bagatelle de plus de 800 millions de dollars et 640 millions au second.

Au delà de ce constat effrayant pour Uber, est-ce le concept même de l’ubérisation qui serait remis en cause ?

Rien n’est moins sûr car les fondamentaux qui ont porté ce concept restent toujours valables et les grandes entreprises doivent continuer à se méfier des petits nouveaux qui seraient tentés de les ubériser.

Et même si Uber venait à disparaitre ? Ce ne serait toujours pas la fin de l’ubérisation car l’éventuelle dégringolade d’Uber serait en grande partie due à des erreurs de management et de nombreux risques pris par ailleurs qu’ils soient juridiques, économiques ou technologiques.

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