Bienvenue à Uberville

Un phénomène qui prend de l'ampleur aux USA

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Uber est en train de faire une OPA aux USA sur les moyens de transports en commun urbains. Retour sur une évolution qui passe globalement inaperçue mais qui risque à termes de changer radicalement la façon de se déplacer dans les grandes villes.

Jusqu’à maintenant, Uber ou Lyft se concentraient sur une offre plutôt complémentaire aux transports en commun en ciblant une certaine catégorie de la population et en allant là où les transports en commun n’allaient pas forcément.

Mais progressivement, certaines municipalités ont commencé à sous-traiter à Uber et affiliés des services publics de niche comme les appels 911 pour les ambulances, le transport des personnes handicapées …

Mais ce phénomène, dénommé Uberville, s’est rapidement étendu aux services de transport plus basiques en particulier ceux où la rentabilité est la moins assurée. Les responsables des services publics y ont très vite vu tout l’intérêt financier qu’il y avait à faire gérer par le privé ce type de services malgré le risque de fracture sociale (services souvent plus onéreux et uniquement accessible via le digital) et d’opacité (Uber n’est pas connu pour la transparence de son modèle).

Le phénomène Uberville prend de l’ampleur

Aujourd’hui Uberville concurrence non seulement la voiture personnelle mais aussi les transports publics : c’est d’ailleurs ce que Travis Kalanick, le CEO d’Uber, a identifié comme étant le principal moteur pour le développement d’Uber dans les années à venir.

Ces subventions, que les chauffeurs Uber ignorent parfois, pourraient se monter maintenant à des sommes extrêmement importantes. Ainsi à Altamont en Floride où le système est en projet, un taux de 25 pour cent de subvention impliquerait pour Uber une subvention annuelle d’environ un million de dollars versée par la municipalité.

Uberville est rapidement passé des tests aux applications grandeur nature

Un test mené toujours à Altamont, a montré que le nombre d’usagers a été multiplié par dix ! Rapidement d’autres villes de Floride et des Etats Unis se sont penchées sur l’expérience d’Altamont et ont également opté pour devenir des vitrines de la nouvelle offre Uberville.

Uberville s’affranchit partiellement des contraintes du service public

Ce système s’est généralisé toutefois sans les contraintes du service publique : peu ou pas d’accessibilité en fauteuil roulant, service accessible uniquement aux détenteurs d’un smartphone ainsi que d’une carte bancaire.

Plus récemment, des initiatives se sont généralisées, montrant que ce modèle d’Uberville était en train de s’imposer aux Etats Unis mais aussi avec un premier test à Dublin en Europe. Service UberHop à Seattle avec des forfaits à un dollar, UberPool qui vient au secours du métro de DC, pass mensuel à New York où pour 79$ par mois, il est possible de faire des trajets illimités. Sans compter les prochaines implantations de services de voitures autonomes qui contribueront à faire encore baisser les coûts : Pittsburgh va d’ailleurs très prochainement tester ce nouveau service.

Uberville, une solution au manque de rentabilité d’Uber

Cette nouvelle collaboration public-privé dans le transport, basée sur le modèle de la subvention semble bien partie pour faire des émules dans le monde entier. Peut être une bouée de sauvetage en particulier pour Uber qui malgré toutes ces percées commerciales, a encore perdu plus d’un milliard de dollars au premier semestre 2016 !